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Société La dernière étreinte - Le monde fabuleux des émotions animales… et ce qu’il révèle de nous
Frans Waal de 2018  → BANQ
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« L’argument de l’anthropomorphisme, enraciné dans l’idée que l’homme est unique, répond au désir de mettre les êtres humains à part et de renier leur animalité. C’est le fonds de commerce de beaucoup de gens de lettres et de chercheurs en sciences sociales qui vivent de l’illusion que l’esprit humain aurait plus ou moins été inventé par nous. Nier les similitudes entre les êtres humains et les animaux me semble poser davantage de problèmes que de supposer qu’elles existent. »

« Les savants continuent de privilégier l’égoïsme, parce qu’ils ont été endoctrinés à penser que tout ce que font les hommes et les animaux dépend d’une motivation précise. Chez les économistes et les béhavioristes, c’est même un mantra. Je n’en crois pas un mot, et, récemment, une expérience ingénieuse menée sur des enfants a apporté de l’eau à mon moulin. L’idée en revient à Felix Warneken, un psychologue allemand qui étudie la façon dont les jeunes chimpanzés et les jeunes enfants viennent au secours des adultes. Ramasseraient-ils un outil que l’expérimentateur a laissé tomber au beau milieu de sa tâche ? Ouvriraient-ils un placard pour un chercheur dont les mains sont prises ? Les deux espèces donnaient volontiers un coup de main à l’adulte, donc comprenaient qu’il avait un problème. »

« Et que dire du lien avéré entre les bonnes performances dans un débat et la taille des candidats, sachant que le plus grand a une longueur d’avance ? ... Les techniques d’intimidation de Trump face à ses rivaux masculins étaient déjà légendaires. Pendant les primaires, Donald a écrasé tous ses petits camarades républicains en gonflant les muscles, en adoptant une voix mielleuse et en les affublant de surnoms humiliants : « Little Marco » pour Marco Rubio ou « Low Energy Jeb » pour Jeb Bush. En se pavanant comme un chimpanzé mâle nourri aux stéroïdes, il a transformé ce rituel en concours de langage du corps hypra-masculin, reléguant les questions politiques au second plan. »

« Il est clair que, dans nos sociétés, les femmes qui ont des ambitions politiques ont plus d’obstacles à surmonter. Dont le premier : la beauté et le charme, qui sont un atout indéniable pour les hommes (pensez à John Kennedy ou à Justin Trudeau), mais un piège pour les femmes. Ce déséquilibre vient du rapport entre la rivalité sexuelle et l’électorat, qui est moitié féminin, moitié masculin. Les femmes séduisantes, surtout celles qui sont en âge de procréer, sont perçues comme des rivales par les autres femmes, dont elles ont du mal à obtenir les votes. »


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Éthologue et primatologue américano-néerlandais. Après son doctorat en biologie, obtenu à l’université d’Utrecht en 1977, il a étudié pendant six ans la colonie de chimpanzés du Burgers Zoo d’Arnhem, puis est parti pour les États-Unis. Ses livres, traduits en plus de vingt langues, ont fait de lui l’un des biologistes les plus connus dans le monde.


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